Jean-Baptiste Duquesne – Château Cazebonne

Jean-Baptiste Duquesne – Château Cazebonne

Pionner de l’internet, startuppeur, chef de file des Bordeaux Pirates, défenseur d’un vin de terroir, promoteur des cépages oubliés, Jean-Baptiste à plusieurs vies en une seule. Il nous raconte celle du moment, débutée en 2016 au château Cazebonne à Saint-Pierre-de-Mons.

Qu’est ce qui t’as décidé à devenir vigneron?

Lors de mes études, j’ai créé un Club d’œnologie pour les étudiants de l’EDHEC. Le sujet m’a très vite passionné et j’ai décidé de faire ma carrière dans le vin.
J’ai débuté en créant ma boîte de négoce de vins, en rachetant ensuite la maison Valade (aujourd’hui Maison Valade-Transandine). En 2000, j’ai cédé mes activités de négoce et me suis lancé dans l’aventure de l’Internet et la création du site de recettes de cuisine 750g.com.
J’ai revendu ce site en 2016 et alors décidé de devenir vigneron, de réaliser, avec mon ami David Poutays, mon propre vin.
C’est à la propriété que l’on peut innover, interpréter un terroir. C’est cette dimension créative dans un métier agricole qui me passionne. Je suis convaincu qu’à l’heure du digital, on peut faire un domaine dans une approche singulière et respectueuse de l’environnement.
Le vin n’est pas un produit de consommation indispensable. Je suis convaincu que le consommateur doit être fier d’acheter une bouteille de notre propriété, pour les valeurs que l’on porte, pour le travail que l’on fait sur les sols pour les rendre vivants.
Et après, pour exister et créer une marque, être Bio est un prérequis. On a voulu aller plus loin. 
Il se trouve que Bordeaux comptait au 19ème siècle plus de 50 cépages dans ses vignes. Ces cépages ont été abandonnés lors de la création de l’AOC en 1935. Aujourd’hui, même le vigneron bordelais n’a jamais entendu parler de ces cépages. Qui connait la pardotte, le petit péjac ou le blanc auba ?
C’est le défi que l’on a décidé de relever. Refaire découvrir ce patrimoine de Bordeaux.

Quelles sont d’après toi les choses qui ont changées le plus dans les 10 dernières années dans le monde du vin?

Le vin n’est définitivement plus un produit de consommation courante. C’est un produit patrimonial, un produit de plaisir, un acte social.
Mais le vin vieillit touche des consommateurs de plus en plus âgés. Les jeunes reviennent vers le vin si leur parent leur a déjà donné une première initiation. C’est un défi que nous allons devoir relever dans la profession de refaire aimer le vin aux jeunes. Sinon, le consommateur est de plus en plus connaisseur, il n’a plus peur de découvrir de nouveaux vins, de nouveaux vignobles. C’est une opportunité formidable, pour nous vignerons, si nous savons innover, lui faire découvrir de nouvelles choses, lui raconter des histoires aussi.
Le consommateur est aussi devenu zappeur, il ne veut plus acheter 36 bouteilles d’un même vin. Comme il veut toujours découvrir, il va acheter 3 bouteilles. Cela nous impose de construire des gammes, de proposer une palette de goût toujours plus large, pour toujours reconquérir notre client.
Rien n’est plus acquis. Il faudra toujours se remettre en cause.

Parmi les vins que tu produis, si tu devais en choisir 1 seul, lequel choisirais tu et pourquoi ?

Dans les vins que l’on va sortir dans les prochains mois, nous sommes particulièrement fier de notre cuvée parcellaire de Sauvignon issue de la parcelle de Peyron.
Le vin a été élevé en amphore dans des grès. Cela lui donne une tension et une énergie incroyable. Lors de notre dernière dégustation, les aromatiques nous rappelait le riesling.

CÉPAGES :
Sauvignon
CONSERVATION : 10 ans

DÉGUSTATION :
Servir autour de 12°C pour accompagner : viandes blanches, Saint-Jacques, carpaccio

Sur nos vins à venir, on a hâte de récolter en septembre, notre première cuvée de cépages oubliés, notamment celle issue de Mancin et Castets surgreffés. Ces cépages ont des potentiels extraordinaires.
On a hâte de les vinifier.

Donne-nous 3 mots qui décriraient pourquoi tu fais du vin ?

CULTURE : le vin est un produit de connaissance. Sans connaissance pas de dégustation possible. Et le champ d’apprentissage est infini pour connaitre les sols, les cépages, les techniques, les choix du vigneron.
PARTAGE : faire des vins que mes amis pourront apprécier. C’est important pour moi, une fierté. Cela passe donc aussi par proposer des vins à un prix accessible.
ÉMOTION : le vin m’ennuie si une émotion ne passe pas. J’ai envie d’être surpris, réveillé, séduit. Il faut que je sente la patte d’un vigneron sur un terroir.

Donne-nous le nom d’un autre vigneron dont tu es fan et dis nous pourquoi tu l’as choisi?  

Je vais choisir Stéphanie Roussel, à 20 kilomètres de chez nous, dans le Marmandais. Stéphanie nous a accueilli quand nous nous sommes installé avec générosité, en nous faisant goûter ce qu’elle vin. Des vins très personnels, des coups de poing, de l’émotion. Sa patte, inimitable, celle d’une funambule.
https://chateaulassolle.wordpress.com/

Site du Château Cazebonne : https://www.cazebonne.fr/
184 Peyron, 33210 Saint-Pierre-de-Mons

La série d’articles « CollectifVin1Un » est née sur l’initiative de Nicolas Naigeon d‘Aveine afin d’aider les vignerons à traverser la crise du COVID19 par une mise à disposition des réseaux des influenceurs du mode viti/vinicole : #Collectif21.
Influenceurs ou vignerons, n’hésitez pas à rejoindre le mouvement.

https://www.collectif21.fr/

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